Tuesday, March 4, 2008

Sazan Goliku

Petales tombees

***

Une goutte d’eau
se fit tourbillon.
Les imbéciles
y perdirent la vie,
les intelligents
y perdirent la tête.


***

Le petit orteil du pied gauche
tira la langue à l’orteil
du pied droit.
Le grand orteil du pied gauche
ricana.


***

Je n’aime pas être un zéro
qui, placé après le un
en accroît la valeur.
Je n’aime pas être un zéro
qui, placé après le un
en diminue la valeur.
Je suis égal à un.


***

Je serais Dieu lui-même
si j’étais un Homme
entièrement libre.
Mais Dieu (s’il existe)
est-il vraiment
libre?

***

Sur une feuille de mûrier
le ver à soie
ronge avec le bout pointu
de la dialectique.


***

L’auréole de grands hommes
nous éclaire
ou nous aveugle.
Leur ombre
nous laisse dans l’ombre.


***


Je marche tranquille sur le trottoir.
Une peau de melon
me fait tomber violemment par terre.
Si on avait peur
on ne marcherait pas du tout.


***

La pluie bénie me mouilla…. et
cessa.
Sur une feuille heureuse
soudain bourgeonnante
les rayons du soleil et le ver
tombèrent.


***

…parti,
disparu.
Je n’ai laissé derrière
que moi-même.


***

Je fis entrer mon esprit
dans la braise
des idées hérissées de Nietzsche
Je m’effrayai et m’enhardis.
Le Surhomme ne peut pas être Homme
Une foule ne peut pas être humaine.


***

Si tu
n’es pas
toi
alors
qui est
quoi ?


***

La chaussure marche toujours
…dit le marchand de chaussures.
Le cordonnier
vit et meurt
comme un infirme.


***

Sur le parc jauni
coulèrent les larmes de l’écologiste
et les fleurs….séchèrent.


***

Son argent,
il le met de coté
à la banque,
dans ses poches
dans son cœur.
Et le Coeur
où se trouve-t-il?


***

La fête des citrons pressés
finit dans les poubelles.
Les citrons pressés
flirtèrent avec les ordures.


***

L’abeille me piqua à la langue
et creva pour vivre
Indifférent, j’avalai
son miel amer.


***

Au lavabo il n’y a pas de savon,
au robinet juste une goutte
d’eau.
Que dois-je faire?
Alors, je ne me lave pas.


***

Sur la Lune, Mars, Venus,
dans le ciel
On n’a pas vu Dieu!
Quel Dieu?
Celui qui n’en a que le nom?
Celui qui est mort depuis longtemps
ou celui que quelqu’un garde dans sa poche,
quelqu’un dans son cœur,
un autre dans sa tête?


***

La TV et la radio me cassent les oreilles:
Coca-cola! Pepsi-cola!
C’est merveilleux!
Ah, si j’avais un verre d’eau de source
avec, dedans, une goutte de poison de vipère!


***

L’Europe, est-ce l’Europe?
La pierre brute du doute
me tomba sur la tête.


***

Nous, qui avons cru ou
fait semblant de croire
nous avons menti,
nous avons été trompés et déçus,
nous avalons nos regrets,
ce remède contre notre honte,
nous avalons notre honte,
ce remède contre nos regrets.


***

Quatre vingt-six enfants
à la tête coupée
femmes aux seins coupés
vieux aux crânes brisés
enfermés dans un camion frigorifique
jeté dans le Danube.
Le Danube jaillit et coule
à travers l’Europe.


***

Quand tu te donnes la tête
contre le mur de la destinée
ne cherche pas à soigner tes blessures,
mais reprends courage, saute,
franchis le mur.
On peut vivre même sans tête.


***


Les sons de la flûte
ont été pris dans une toile d’araignée.
C’est pour la première fois
qu’elle n’a pas saisi sa proie.


***

Après tant de belles aventures
tristes, elle ne se rappelait pas
ses premiers amours.
Elle vivait les nouveaux amours
comme si c’était la première fois.


***

Imaginant le baiser
des deux vipères
la jeune fille refusa d’être embrassée.


***

La nuit, il a beaucoup neigé.
Les mimosas frêles
sont cassées, fracassées.
Quelqu’un, à ses premiers amours,
pensa.


***

Un jour, je sais,
aux flots troubles de tes yeux,
je me noierai.
Ce serait ta fin-o
reine illusoire.
Au bel oasis du Venus,
je renaîtrai.

Traduit par Adriana Koxhaj

1 comment:

Alan Elías said...

Salut.

C'est qui Sazan Goliku? Le poème ou il se demande si Dieu est vraiment libre me ressemble une meditation sur l'omnipotence divine.